Qu'est-ce qu'une action en bourse : fonctionnement et stratégies d'investissement

Une action est une part de propriété d'une entreprise cotée en bourse. Découvrez comment fonctionnent les actions, comment en gagner de l'argent via les gains en capital et les dividendes, et comment bien investir.

Qu'est-ce qu'une action en bourse : fonctionnement et stratégies d'investissement

Quand on parle de bourse, on entend souvent le mot "action". Mais qu'est-ce qu'une action exactement ? Comment fonctionne-t-elle ? Pourquoi certaines valent des milliers d'euros tandis que d'autres coûtent quelques dizaines de centimes ? Pourquoi les investisseurs achètent-ils des actions plutôt que d'autres placements ? Ce guide complet explique tout ce qu'il faut savoir sur les actions en bourse, du fonctionnement basique aux stratégies d'investissement.

Qu'est-ce qu'une action en bourse ?

Une action est une part de propriété d'une entreprise. Quand vous achetez une action, vous devenez propriétaire d'une petite fraction de cette entreprise. Si l'entreprise vaut 1 milliard d'euros et a émis 100 millions d'actions, chaque action vaut théoriquement 10 euros (et vous possédez 1/100 millionième de l'entreprise).

Exemple concret : Apple a émis environ 15,6 milliards d'actions en circulation en 2024. Si le cours de l'action Apple est de 200 dollars, la capitalisation boursière totale d'Apple est 3 120 milliards de dollars (15,6 milliards d'actions x 200 dollars). Si vous achetez 10 actions Apple, vous possédez 10/(15,6 milliards) = 0,000000064% d'Apple.

Les actions sont des titres financiers cotés en bourse : leur prix varie en continu selon l'offre et la demande. Si plus de gens veulent acheter Apple que vendre, le prix monte. Si plus de gens veulent vendre qu'acheter, le prix baisse.

Pourquoi les entreprises émettent-elles des actions ?

Quand une entreprise décide de s'introduire en bourse (faire un IPO, Initial Public Offering), elle vend une partie de ses actions au public pour lever des capitaux. Cet argent finance l'expansion, les investissements, la recherche, ou le remboursement de dettes.

Exemple : en 2024, Spotify envisageait une augmentation de capital (émission de nouvelles actions) pour financer son expansion en contenus audiolivre. Les nouveaux investisseurs qui achetaient ces actions finançaient directement le projet.

Mais une fois l'IPO faite, la majorité des transactions d'actions se font entre investisseurs, pas directement avec l'entreprise. Quand vous achetez une action Apple sur Euronext ou le Nasdaq, vous l'achetez à un autre investisseur qui la revend, pas à Apple.

Comment gagne-t-on de l'argent avec les actions ?

Il existe deux façons de gagner de l'argent avec les actions : les gains en capital et les dividendes.

Les gains en capital. Vous achetez une action à 50 euros, elle monte à 70 euros, vous la vendez et gagnez 20 euros. C'est la stratégie la plus connue. Mais cela suppose que le cours monte, ce qui n'est jamais garanti.

Les dividendes. De nombreuses entreprises rentables redistribuent une partie de leurs bénéfices à leurs actionnaires sous forme de dividendes. Si vous possédez 100 actions Sanofi et que Sanofi verse un dividende de 2 euros par action, vous recevez 200 euros de dividende. Vous gardez l'action et percevez le dividende en plus.

Exemple historique : depuis 10 ans, un investisseur qui aurait acheté 1000 euros d'actions Total aurait gagné environ 3000 euros en gains de capital (le cours a augmenté), plus 1500 euros en dividendes. Au total, 4500 euros de gain sur 10 ans, soit 45% de rendement, sans rien faire d'autre que réinvestir les dividendes.

Méthode de gain Fonctionnement Risque Avantage
Gains en capital Acheter bas, vendre haut Très élevé (le cours peut baisser) Rendement potentiellement illimité
Dividendes Percevoir un revenu régulier Modéré (dépend de la santé de l'entreprise) Revenu régulier et prévisible
Dividendes + réinvestissement Réinvestir les dividendes pour acheter d'autres actions Modéré Intérêts composés sur longue période

Qu'est-ce qu'une cotation boursière ?

Une action n'a pas une valeur unique. Elle a un cours "acheteur" (ce que les acheteurs sont prêts à payer) et un cours "vendeur" (ce que les vendeurs demandent). La différence s'appelle "spread".

Si une action à un spread acheteur de 49,90 euros et vendeur de 50,10 euros, cela signifie que si vous achetez maintenant, vous payez 50,10 euros, mais si vous vendez immédiatement, vous ne recevez que 49,90 euros. Le spread est le coût caché de chaque transaction.

Ce spread dépend de la liquidité de l'action. Les grandes entreprises (Apple, Microsoft, Total) ont des spreads très serrés (souvent moins de 0,01%), car beaucoup de monde achète et vend. Les petites actions non liquides peuvent avoir des spreads énormes (2-5%), ce qui les rend dangereuses pour les petits investisseurs.

Les différents types d'actions

Actions ordinaires. C'est le type d'action classique. Les actionnaires ordinaires ont le droit de vote aux assemblées générales, mais en cas de faillite, ils sont remboursés en dernier.

Actions de préférence. Elles offrent des dividendes prioritaires (plus élevés) mais pas de droit de vote. Elles sont moins courantes et moins liquides.

Actions à droit de vote multiple. Certaines actions donnent 10 votes au lieu d'un. C'est une structure minoritaire, utilisée pour bloquer le contrôle de l'entreprise par les fondateurs.

Où et comment acheter des actions ?

En France, vous pouvez acheter des actions via :

  • Un compte-titres ordinaire : accès à toutes les bourses mondiales, aucune limite. Fiscalité : plus-values imposables à 30% (prélèvement forfaitaire unique).
  • Un PEA (Plan d'Épargne en Actions) : accès aux actions européennes seulement, plafond 225 000 euros. Fiscalité : 0% d'impôt après 5 ans, puis 17,2% après 8 ans. Plus avantageux long terme.
  • Un PEA-PME : placements en petites et moyennes entreprises, plafond 225 000 euros, fiscalité identique au PEA.
  • Un courtier en ligne (Trade Republic, Boursorama, Interactive Brokers) : frais réduits, applications simples.

Pour un débutant, la stratégie idéale est souvent une combinaison : ETF dans un PEA pour la diversification (une seule action explose si l'entreprise va mal), et quelques actions fortes via un compte-titres.

Quels sont les risques des actions ?

Les actions ne sont jamais un investissement sans risque. Voici les principaux risques :

Risque d'entreprise. L'entreprise fait faillite, le cours tombe à zéro, vous perdez tout votre investissement. C'est rare pour les grandes entreprises, mais fréquent pour les petites.

Risque systématique (de marché). La bourse s'effondre (récession, crise financière), toutes les actions baissent ensemble. Impossible à éliminer en restant en actions.

Risque de change (si vous investissez en devises étrangères). Vous achetez une action américaine en dollars, le dollar s'effondre contre l'euro, vous perdez de l'argent même si l'action a augmenté en dollars.

Risque comportemental. Vous paniquez lors d'une baisse de 30%, vous vendez à perte et missiez l'autre partie de la remontée. C'est le risque le plus coûteux.

Le risque peut être réduit via la diversification : au lieu de mettre tout dans Apple, posséder Apple, Microsoft, Total, Sanofi, LVMH, etc. Un crash d'une seule action ne détruit pas votre portefeuille.

A retenir

  • Une action est une part de propriété d'une entreprise. Son prix varie selon l'offre et la demande.
  • On gagne de l'argent via les gains en capital (acheter bas, vendre haut) et les dividendes (revenus réguliers).
  • Le rendement historique moyen des actions est d'environ 10% par an sur longue période, bien supérieur aux obligations ou aux comptes d'épargne.
  • Les actions se conservent dans un compte-titres, un PEA ou un courtier en ligne. Le PEA est fiscalement plus avantageux long terme.
  • La liquidité et le spread importent : une action illiquide peut coûter 2-5% rien qu'en l'achetant et la revente.
  • La diversification (via ETF ou portefeuille varié) réduit considérablement le risque d'entreprise sans sacrifier les rendements.

Conclusion

Les actions sont le fondement de la création de richesse pour les investisseurs. Elles offrent un rendement supérieur aux placements sûrs, mais avec un risque : le cours peut baisser. La clé est la diversification, l'horizon long terme (minimum 5 ans), et la discipline pour éviter les erreurs comportementales.

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Pour aller plus loin

FAQ

Combien faut-il investir pour commencer à acheter des actions ?
Très peu. La plupart des courtiers permettent d'acheter à partir de 1 action. Si Apple vaut 200 euros, vous pouvez investir 200 euros. Avec un courtier comme Trade Republic, les frais sont gratuits. Commencer avec 50-100 euros est tout à fait raisonnable.

Faut-il acheter des actions ou des ETF ?
Les ETF sont plus simples pour les débutants. Un ETF S&P 500 vous exposé aux 500 plus grandes entreprises américaines en un seul achat, sans risque de concentration. Les actions individuelles demandent plus d'analyse mais peuvent surperformer en cas de bonne sélection. L'approche idéale est un mix : 70% ETF, 30% actions personnelles.

Qu'est-ce qu'un stop-loss et faut-il l'utiliser ?
Un stop-loss est un ordre automatique de vente si le cours baisse d'un certain pourcentage (par exemple, vendre si ça baisse de 10%). Pour les longs termes (5 ans+), le stop-loss est contre-productif : vous vendez en panique lors d'une baisse temporaire. Pour le trading court terme (jours, semaines), c'est essentiel pour limiter les pertes.

Les petites actions (penny stocks) sont-elles une bonne affaire ?
Non. Les petites actions (moins de 5 euros) ont des spreads énormes, peu de liquidité, et un taux d'échec très élevé. 9 petites cap sur 10 disparaissent ou s'effondrent. Elles ne conviennent qu'aux traders expérimentés ayant une thèse claire.

Est-il possible de s'enrichir rapidement avec les actions ?
Non, sauf exception. L'enrichissement rapide demande du risque excessif (concentration, levier financier, trading actif) qui mène généralement à la ruine. Le vrai enrichissement vient de l'effet composé : réinvestir les gains pendant 20 ans.